Le Blog Eco de Philippe Jean-Pierre
Articles contenant le tag Economie de La Réunion
Long term or Not Long term ?
Posté par Philippe Jean-Pierre dans Economie de La Réunion, Prospective et intelligence territoriale le 20 septembre 2010
We know that financial markets are obsessed with the short term. Indicators are usually judged on their performance over a three-month period. Lots of hedge funds think in terms of milliseconds.
On the opposite, others argue that history is subject to “long waves” that cause economies and markets to change direction at regular intervals. Roger Babson, an investment adviser who predicted the 1929 crash, claimed the markets were driven by Newton’s third law of motion: every action has an equal and opposite reaction. Mind you, he also wrote a pamphlet entitled “Gravity—Our Number One Enemy”.
It seems plausible that certain forces—new technologies or discoveries, demography, changes in climate—will have an effect over an extended period. But the idea that these cycles are preordained to run for a set number of years or months is much more difficult to accept. It is an odd kind of historical determinism, in which individuals are all just extras in a massive film production, doomed to stand on the sidelines as the script plays out.
To read more I propose you this link from The Economist : Economies and Market may at the mercy of long term forces.
Coups de rabot sur les niches fiscales : bluff au niveau national, mais problème au niveau local !
Posté par Philippe Jean-Pierre dans Actualités, Cycle et Reprise, Economie de La Réunion le 16 septembre 2010
Certains commentaires dans la presse nationale (voir l’expansion du jeudi 16 septembre) font part de leur impression aujourd’hui sur les coups de rabot effectués sur les niches fiscales pour le budget 2011. Au total beaucoup de bruit ou de marketing pour….peu d’économies par rapport à l’ampleur des réductions souhaitées. En effet, ces coups de rabot ne permettraient à l’Etat de ne faire « que » 500 millions d’euros d’économies. En fait, l’essentiel du rééquilibrage serait effectué par la réforme des retraites….Sur la base de ce premier constat, on pourrait avoir une certaine satisfaction : finalement, au niveau des niches fiscales les français ne perdraient « que » 500 millions d’euros l’année prochaine. Le seul reproche serait donc d’en faire une opération de marketing politique….Toutefois lorsque nous quittons la scène nationale pour se concentrer sur la dimension locale, comme celui des DOM par exemple, on peut évaluer que ce coup de rabot pourrait priver l’outre-mer de plusieurs dizaines de millions d’euros de dépenses locales (les niches outre-mer seraient diminuer de 150 millions d’euros ce qui réduira sans doute le nombre de personnes voulant défiscaliser et donc investissant dans ces territoires). Or plusieurs dizaines de millions d’euros (sans doute plus proche d’une centaine de millions d’euros si on y ajoute les dépenses indirectes d’équipements et les effets multiplicateurs) ne sont pas négligeables pour les économies domiennes souffrant déjà d’une dépression de la demande. Ce qui apparait comme une goutte d’eau au niveau national peut se révéler être un véritable cours d’eau manquant au niveau local.
C’est aussi pour cela que les semaines à venir seront importantes pour éviter que l’outre-mer ne fasse les frais de mesures qui « adaptées » aux objectifs politiques au niveau national pourraient être préjudiciables au niveau des DOM. Encore une fois, il ne s’agit pas d’un nouvel élan de mendicité mais juste de clairvoyance : le passage du national au local en matière de politique économique demande plus de précautions…au moment où nos économies d’outre-mer gèrent avec difficulté leur marasme économique, cet effort de précaution visant à mesurer encore plus que par le passé les conséquences locales de mesures nationales s’avère nécessaire. Sans cela, cette cécité ne ferait que retarder la sortie de crise en semant le doute sur la clairvoyance des autorités nationales dans leur capacité à apprécier toutes les dimensions du processus long du développement des outre-mer !
Il appartient maintenant à nos représentants aux parlements de conduire cet effort de pédagogie pour que soient pris en considération ces risques associés à une politique budgétaire ne traitant pas des singularités de nos économies qui de part leur problèmes structurels méritent une autre structuration de la politique fiscale notamment en temps de crise. Administrer le même remède à des territoires ne souffrant pas des mêmes maux ne me semblent être le traitement le mieux adapté. Parlementaires, la balle est maintenant dans votre camps si ces intentions gouvernementales étaient maintenues !
L’Afrique développe un important réseau sous-marin de télécommunication
Posté par Philippe Jean-Pierre dans Aménagement et Urbanisme, Innovation et R&D, Intelligence territoriale et stratégique le 13 septembre 2010
Pendant que La Réunion bataille en interne sur qui a fait quoi en matière de réseaux et d’infrastructures…l’Afrique, elle, tisse sa toile de cables sous marins pour accélérer son décollage et espérons le son développement. A voir.
Le futur se construit dés aujourd’hui ! 10 Start-up that will change your life !
Posté par Philippe Jean-Pierre dans Economie de La Réunion, Innovation et R&D, Prospective et intelligence territoriale le 13 septembre 2010
Le futur se construit dès aujourd’hui…et pour s’en convaincre il suffit de porter son regard sur cette liste de dix start-up qui vont changer votre vie…! Nous savons qu’une partie de l’avenir de La Réunion se joue sur ce terrain de la R&D et de l’innovation outils nécessaires pour accroître la compétitivité de notre économie, sa capacité à créer des niches, à vendre ses productions dans le monde non pas pour ce qu’elles coutent mais pour ce qu’elles sont c’est à dire les meilleures dans leur domaines respectifs. Alors dans cette perspective tout ce qui se fait en matière de veille permanente est bon à prendre !
La Réunion, à la recherche du temps – long – perdu !
Posté par Philippe Jean-Pierre dans Actualités, Economie de La Réunion le 11 septembre 2010
La manifestation organisée vendredi 10 septembre 2010 par l’ensemble des acteurs de la filière BTP invite une nouvelle fois à nous poser la question du rapport au temps de certains décideurs politiques réunionnais hantés par la dictature électorale du court terme. Se maintenir au pouvoir ou préparer sa réélection future exige de satisfaire l’impatience de nos concitoyens au risque de piloter à vue et de ne pas anticiper les écueils potentiels futurs. Or, encore plus en 2010 que par le passé, je ne peux concevoir que gouverner signifie satisfaire uniquement l’urgence…certes, l’urgence impose des réponses permettant d’amortir l’impact du choc conjoncturel, mais l’urgence implique également de prendre des décisions aux portées structurelles pour qu’il n’y ait plus d’urgence à l’avenir. Finalement, faut-il uniquement s’efforcer de soigner ou, également, et surtout, de préparer notre territoire, notre société, nos acteurs pour qu’ils puissent se relever le plus rapidement après n’importe quelle chute. ? On n’invente rien de nouveau en disant cela puisqu’il est bien connu que prévenir vaut mieux que guérir. Ce type de gouvernance, on ne cesse de le répéter depuis plusieurs années, requiert de préparer La Réunion, de la doter des outils nécessaires pour qu’elle réponde aux défis futurs en matière de formation, de recherche et développement, de modalités diversifiées pour les transports et déplacements, de logements, d’accueil des personnes âgées, de maitrise de l’énergie, de gestion des ressources vitales,…Tous ces défis ne peuvent être relevés si nos décideurs n’acceptent pas une part de risque (eux aussi doivent en prendre !) : inclure dans leur programme une part de projets s’inscrivant dans le long terme et ce malgré le sentiment que les réunionnais voudraient tout et tout de suite…Mais, après tout, être décideur politique c’est aussi faire de la pédagogie. Pourquoi ce devoir de pédagogie, cette nécessité de prise en compte du long terme semblent être évidents pour la majorité qui défend le projet de réforme des retraites et ce même devoir, cette même nécessité seraient rejetés par les mêmes autorités (ou leurs alliés) lorsqu’il s’agit de projets territoriaux ?
Plus précisément, ce trou d’air béant que subit l’économie réunionnaise depuis deux ans était-il prévisible ?
En premier lieu, il suffit pour y répondre de revenir à la gestation de la Lodeom. Remettre en cause un outil de financement d’un pilier d’une économie sans l’avoir préparée à diversifier ses moteurs de croissance ne pouvait que l’amener à mal réagir. A ce moment de l’analyse, je rejette l’idée d’irresponsabilité de nos acteurs locaux puisque maintenant depuis presque six ans plusieurs d’entre nous (entrepreneurs, acteurs de la société civile et politiques) nous sommes investis dans autant de réflexions sur l’avenir de La Réunion avec comme feuille de route la nécessité de prévoir l’après modèle traditionnel bi-polaire agro/btp pour compléter le fonctionnement actuel de l’économie réunionnaise par les nouveaux domaines d’activités stratégiques (environnement, TIC, tourisme durable, R&D, ouverture…). Conscient de la fragilité de notre tissus sociétal et économique, le passage à la nouvelle étape (synthétisée dans la Stratégie Régionale d’Innovation) exigeait une avancée en douceur et non pas un remède de cheval digne des plans de stabilisation du Fmi. Or, pour me souvenir d’une règle d’or, l’économie a surtout besoin de lisibilité, de stabilité, de confiance en les règles adoptées et non pas de remises en cause permanente. Et si des modifications sont nécessaires, alors, cela doit être réalisé en posant tous les enjeux sur la table et conduit avec concertation sans arrières pensées idéologiques ou électorales comme seules fin.
En second lieu, cet arrêt brutal ne pouvait être qu’accentué par une certaine forme de cécité : l’aveuglement que prendre démocratiquement le pouvoir peut s’effectuer à n’importe quel prix. Et pour que les choses soient claires loin de moi l’idée de mettre une hiérarchie entre les projets des majorités successives ! Bon nombre d’entre-eux me semblent vouloir aller avec des modalités différentes dans le sens du bien commun. Il s’agit juste de la conviction que d’autres alternatives auraient pu être empruntées permettant de critiquer, d’avancer ses idées, tout en s’appuyant sur la nécessité d’une certaine forme de continuité au seul motif de l’intérêt supérieur de La Réunion. Et en prenant le risque d’expliquer aux réunionnais que les projets futurs aussi grands et justifiés soient-ils ne pourront plus être financés aussi facilement que par le passé mais par un effort supplémentaire des résidents…l’ère de l’argent ou de la solidarité nationale totale étant révolue. Plutôt que de nourrir une vision anxiogène de l’avenir, une pédagogie de la confiance aurait due être entreprise. Cette conception alternative nous aurait sans doute éviter d’accentuer la saillie dans la commande publique…moteur encore malheureusement trop important de notre économie.
Au total, il m’apparait clairement que nous ne pourrons pas édifier un nouveau modèle de développement pour La Réunion si l’horizon des visions et des ambitions se compte en mois et non en décennies. C’est dans cette capacité à s’inscrire dans le temps que se conjugue notre capacité à produire un développement durable pour les réunionnais. Cette exigence constitue pour nos élus dans leur ensemble peut être le plus grand défis qu’ils ont aujourd’hui à relever. Dans les mois et les années à venir, ils auront à faire rimer solidarité et efficacité, à se lancer à la recherche du temps long perdu. Sinon, les électeurs finiront aussi par se lasser de ceux qui ne font que communiquer ou se focaliser sur le court terme. Abattus, désœuvrés, ils seront de plus en plus nombreux à se laisser séduire par d’autres formes de revendications qui ne permettent ni de construire la paix sociale, ni de garantir l’émergence d’un modèle de développement durable auto-entretenu.
Manifestation du BTP : quand c…
Posté par Philippe Jean-Pierre dans Actualités, Aménagement et Urbanisme, Economie de La Réunion le 10 septembre 2010
Manifestation du BTP : quand cycle économique et cycle politique ne se comprennent pas ! Et pourtant ceux qui osent parler de croissance endogène devraient aller relire leurs fondamentaux : les travaux de Robert J Barro (notamment son célèbre article de 1990 dans la revue Journal of Political Economy) demontre bien l’importance des investissements et des dépenses publiques d’infrastructures sur la croissance (qui devient endogène). Dommage qu’en 2010 ce genre d’analyse ne traverse pas davantage la société des décideurs !
Ouf, on a eu chaud…! Les niches fiscales des DOM seraient finalement épargnées
Posté par Philippe Jean-Pierre dans Actualités, Economie de La Réunion le 9 septembre 2010
Les arbitrages qui sont actuellement effectués par le gouvernement peuvent nous occasionner quelques frayeurs : quid des niches fiscales qui alimentent les moteurs des économies domiennes ? Un début de réponse rassurant provient de l’interview de François Baroin au journal les Echos :
Je vous livre sa réponse :
Qu’en est-il des niches fiscales relatives à l’outre-mer ?
La remise en cause de la défiscalisation en outre-mer serait un désastre économique pour ces territoires et nous avons pris des engagements vis-à-vis de l’outre-mer qui ne seront pas remis en cause. En revanche, nous voulons lutter contre certains effets pervers. Nous prévoyons de mettre en oeuvre des mesures anti-abus, par exemple pour réduire l’activité des intermédiaires financiers qui captent une partie des subventions de l’Etat.
Espérons que le vote de la loi de finance confirme ces premières orientations.
La nécessité de la réforme ne doit pas cacher l’exigence d’équité !
Posté par Philippe Jean-Pierre dans Actualités, Economie de La Réunion le 7 septembre 2010
En ce jour de septembre 2010, l’évènement en France est à n’en pas douter ceux de l’ouverture à l’Assemblée Nationale des débats sur la réforme des retraites et des manifestations (envisagées comme importantes) prévues un peu partout dans le pays. A La Réunion, la mobilisation a battu son plein à Saint-Denis comme à Saint-Pierre. Plusieurs milliers de personnes sont venues déclarer leurs inquiétudes diverses sur cette thématique des retraites. Prenons un peu de recul pour poser quelques éléments qui font débat et qui apparaissent au coeur des préoccupations d’une large part de nos concitoyens :
- Le premier, et qui ne fait pas débat, est la nécessité d’une réforme afin de sauvegarder un régime par répartition mis à mal par les mutations socio-démographiques de notre société : la question qui demeure est quelle réforme ou comment réformer ?
- Le deuxième (et quitte à se répéter) est la nécessité de sauvegarder le régime par répartition. On voit mal comment en pleine crise financière et boursière nos responsables pourraient miser notre avenir entièrement sur le régime par capitalisation. Cela n’écarte pas l’idée d’un possible mélange (il a déjà lieu) mais garantissant au moins un minimum ;
- Le troisième valable au niveau national comme sur le plan local est de concevoir une réforme dont les sacrifices seront équitablement répartis. Si personne aujourd’hui en France ne doute qu’il faille adapter la France aux nouvelles dimensions internationales, ces mutations doivent cependant être savamment dosées pour maintenir le pacte républicain, la cohésion de la société et notre architecture sociale. En d’autres termes, il s’agit de dégager ce sentiment d’injustice qui plane au-dessus de la présente réforme. Plusieurs éléments viennent appuyer cette impression.
- D’abord, l’apparence que seuls les salariés seront mis à contribution. Certes on peut comprendre que c’est au travailleur de s’assurer contre ce risque qu’est celui de la vieillesse et de ses vieux jours. Sauf que le travailleur ne génère pas uniquement que des salaires mais aussi des profits, bénéfices, dividendes et plus généralement des revenus du capital…Dans une société solidaire, il nous apparaît souhaitable que ce facteur, certes mobile, soit mis à contribution pour pallier au financement d’un des grands axes de notre société républicaine. Et puis n’oublions pas qu’à côté des salariés sont aussi concernés beaucoup d’artisans ou de petits entrepreneurs dont les situations sont également très préoccupantes notamment dans cette période de crise mais aussi lorsqu’on se projette sur le futur.
- Ensuite, se pose le problème de la durée de cotisation et du recul de l’âge de départ à la retraite. Qui oserait s’élever contre l’argument : « comme nous vivons plus longtemps, nous devons travailler plus longtemps ». Cela est sans doute vrai. Mais cela pose plusieurs défis : passer de la dimension quantitative à la dimension qualitative. Ce n’est pas travailler plus mais plutôt travailler mieux ! En outre, A quoi cela sert-il de repousser l’âge de départ à la retraite si déjà, dans les âges d’aujourd’hui, le taux d’emploi des séniors est très faible par rapport à d’autres pays. Ainsi, optimisons déjà la force de travail actuelle (ce qui sous tend de la formation, de l’exigence auprès des entreprises,…) ce qui génèrera de nouvelles recettes…En fait, au-delà de l’argument facile, on comprend que modifier par la loi l’âge légal s’avère être plus pratique que d’entamer une vraie réforme de fond qui prendrait plus de temps et que nos différents responsables n’ont jusqu’ici jamais entreprise. En effet, seuls l’accroissement du taux d’emploi et la réduction du chômage conduira à augmenter de façon significative les recettes et de réduire les tentations à agir uniquement sur l’âge. Mais cela ne se décrète pas.
- Enfin, pourquoi ne pas oser toucher à certains leviers fiscaux. On pense bien évidemment à la TVA. Sur ce plan l’argument fatal est l’injustice de cette forme d’impôt du fait de sa non progressivité. Mais, rien n’empêche de différencier certains secteurs (permettant d’épargner par exemple les produits de première nécessité et de taxer davantage les produits « polluant »). De plus, la TVA permettrait de renforcer sur le territoire national la compétitivité des produits domestiques.
- Le quatrième est associé à La Réunion. L’actuel réforme pose en effet localement plusieurs soucis. Faire un simple copier-coller du projet débattu à l’assemblée ne serait pas sans danger.
- D’une part, toute réforme, quelle qu’elle soit doit se préoccuper du long terme pour La Réunion et sauvegarder, voir construire notre paix sociale. Or dans le contexte de notre île, où une grande part de la population active est encore au chômage, cette réforme risque de conduire pour plusieurs décennies un grand nombre de réunionnais au minima, si ceux-ci sont maintenus. Face à de telles perspectives moroses (votre avenir serait fait sur le court terme du chômage et sur le moyen et long terme de revenus indécents), le risque de dislocation grandit dans une île comptant bientôt un million d’habitants.
- D’autre part, et de façon concomitante, les dispositifs en termes d’âge semblent être ici sans effet puisque le taux de chômage actuel important réduit fortement le nombre d’annuités ou serait sans effet pour une large part de la population concernée par une chômage structurel et de long terme. C’est un peu comme les réductions fiscales. Quand vous ne payer pas d’impôt cela ne vous fait aucun effet !
- Le cinquième concerne également La Réunion. Face à un tel contexte, pourquoi ne pas envisager une réforme qui prenne en considération les spécificités de notre île ? Difficile vous me direz ! Mais, cela s’est pourtant fait lorsqu’on a voulu favoriser l’arrivée de capitaux ou les investissements à La Réunion à travers la création de plusieurs outils (défiscalisation, TVA-NPR,…). Deux poids de mesures ? Après tout si favoriser l’investissement dans notre île est une façon de la construire, édifier un système d’assurance contre le risque vieillesse qui maintienne la paix sociale est aussi une autre manière aussi noble de construire l’avenir de notre île. Car, des équipements ou des outils industriels sans habitants ou sans consommateurs seraient également inutiles…
Ces cinq éléments n’entendent pas bien évidemment dresser un portrait exhaustif des problèmes posés par l’actuelle réforme. Ils visent à nourrir notre débat. L’économiste que je suis oscille entre la logique économique et la logique sociale. Mais je reste aussi attaché à la stabilité sociétale de mon pays La France et de ma région La Réunion. En fait ces quelques éléments permettent de soulever un couvercle pour mettre à jour les limites associées à une trop grande précipitation à vouloir adopter le projet actuel en l’état, même si répétons nous, la nécessité de « réformer » la France s’impose. Mais cela ne doit pas la conduire à être « réformée » car, disloqué, notre pays verrait sa situation être dégradée. Espérons que les débats qui auront lieu dans les prochains jours permettront de modifier cette réforme pour qu’elle puisse davantage sur le territoire national dans son ensemble comme à La Réunion continuer à garantir une de nos libertés individuelles fondamentales : s’assurer dignement contre le risque de fin d’activité en dernière période de vie.
L’Europe : à la recherche d’un nouveau souffle !
Posté par Philippe Jean-Pierre dans Actualités, Economie de La Réunion, Prospective et intelligence territoriale le 6 septembre 2010
Nous savons que parmi les dossiers stratégiques nationaux figure celui de la relance européenne. L’union Européenne connaît effectivement aujourd’hui une période atone qu’on qualifierait de « sans projet »…sauf celui visant à écrire le futur document stratégique « Europe 2020 ». Dans ces perspectives nous savons que l’avenir de l’Europe, et donc notre avenir, se joue sans nul doute sur une partition politique…Effectivement quelle gouvernance politique pour une Europe qui devra répondre aux défis du milieu du siècle ?
Mais la dimension politique n’est pas le seul élément de la relance du projet européen. La composante économique est également importante. Car, depuis l’avènement de la monnaie unique, aucune grande « avancée » notable n’est apparue ce qui ne peut que nourrir qu’une impression d’essoufflement et de questionnement sur la réelle finalité d’une telle organisation de 500 millions d’individus. En effet, pourquoi tant de sacrifices si les bénéfices espérés ne sont ni visibles, ni palpables et si l’Europe qu’on nous dit protectrice se révèlerait n’être qu’un frêle bouclier. Aussi, toute réflexion qui permet de redonner un nouveau souffle et/ou un nouveau sens à la construction européenne est la bienvenue.
Dans ce cadre on est bien content de lire les réflexions de Michel Barnier, Commissaire européen au marché intérieur. Vous y trouverez un ensemble de proposition pour établir le « nouvel acte » du marché unique tant attendu. Ce renforcement du marché intérieur étant vue comme une des pierres angulaire de la réussite de la « stratégie Europe 2020 » ! Si la communication de ce projet a mobilisé 9 commissaires européens, on est quelque peu soucieux, au niveau des RUP, de constater que celui en charge de la politique régionale n’y était pas. Encore une fois le fait que la singularité des RUP ne soit pas prise en considération dès le début des réflexions pose toujours ensuite le problème de la débauche d’énergie pour convaincre Bruxelles du bien fondé de nos positions.
A côté de cet oubli à réparer, le texte se veut toutefois rassurant puisqu’il se donne, entre autres, comme objectifs de mettre en place « une économie sociale de marché fortement compétitive…au service des consommateurs. L’offre n’est par ailleurs pas oubliée puisque ce projet entend non seulement résorber les distorsions fiscales par une meilleure coordination des politiques publiques mais aussi cibler les pme pour leur permettre un meilleur accès aux outils de financements (création de bourses régionales par exemple…).
Au total, cette communication devrait être présentée le 6 octobre et être adoptée avant la fin de l’année 2010.
Pour les personnes désirant avoir plus d’informations sur les obstacles au marché intérieur je vous conseille le document de travail : (doc_trav_obstacle_marché_intérieur)
Smart meters ou compteurs intelligents pour les économies d’énergie
Posté par Philippe Jean-Pierre dans Actualités, Economie de La Réunion, Innovation et R&D le 2 septembre 2010
La Réunion est souvent mise en avant par les autorités comme pouvant être la figure de proue du développement durable. Néanmoins, après un fort dynamisme marketing ces derniers mois, on en reste encore aux discours incantatoires. Plusieurs autres de mes post ont souligné que d’autres pays, même voisins ne nous attendaient pas. La compétition est lancée et la bataille sera rude. Car au-delà de faire de La Réunion une île verte, l’enjeu est aussi de positionner notre île sur l’échiquier international. Dans cette analyse des bonnes expériences se déroulant ailleurs, je vous propose la lecture de l’article sur les smart meters ou plus précisément sur les compteurs intelligents développés dans les pays du Nord de l’Europe. Il s’agit d’un marché ambitieux avec à la clé de substantielles économies d’énergie. Pour La Réunion certains choix vont parfois dans le sens contraire et il serait urgent de donner au compteur le sens de la marche et un bon top départ.


Commentaires récents